3- VALORISER LA RENTE DE LA NATURE
 

  
Les physiocrates affirmaient que la nature est la véritable productrice de richesses et que les industries qui les exploitent et produisent les biens pour l'homme devaient être marquées de prestige. Le commerce, au contraire, est stérile parce qu'il ne transfère une marchandise que d'une personne à une autre. 

Jean Baptiste Say, pour sa part, analyse le concept de la "rente énergétique" ou la participation de la nature, considérant le "service productif des agents naturels"; il aborde le calcul d'une rente équivalente à un travail de l'homme. Finalement il a conçu l'intégration du produit des agents naturels à celui du Capital et du Travail, comme dans l'exemple du moulin à vent qui faisait le service de 10 hommes pour entrainer une machine de même puissance. C'est aussi pour cela que la rente de la nature peut avoir une plus grande valeur quand la production est bien localisée et que l'énergie est absolument nécessaire. Adam Smith et les physiocrates ont valorisé cette rente en tenant compte de la qualité relative (cas d'une mine de plus grande productivité ou contenant des minerais plus riches) ou de la localisation (réduction des coûts de transport jusqu'au marché consommateur). Ces concepts sont à la base des principes des monopoles nationaux qui cherchent à récupérer la totalité des "plus-values" naturelles d'une nation au lieu de les laisser au bénéfice des heureux propriétaires locaux. De plus la totalité de la récupération de cette rente permet à un gouvernement de faire la politique qui lui convient grâce à l'utilisation des pétro-dollars, des recettes des entreprises publiques d'énergie, etc... 

La plus grande divergence (l'unique) entre le système capitaliste et communiste est certainement la stratégie utilisée pour l'appropriation de cette rente nationale de la nature. Dans le système capitaliste les biens de la nature sont libres et appartiennent aux propriétaires des territoires. Dans le système communiste les biens sont libres, mais appartiennent à la communauté. 

Les frères Odum ont fait la même route que Jean Baptiste Say et ont proposé le concept de l'"Emergy" cest-à-dire un mode de conversion du travail de la nature en unités thermiques facilement intégrables aux calculs économiques. En ne tenant compte que de l'énergie il a été possible aux frères Odum de démontrer que la production économique suivait les lois de la thermodynamique à cause du travail associé de la nature. 

Marx s'était limité à voir seulement le travail de l'homme et sa juste valorisation, considérant la production énergétique de la nature comme un travail gratuit, sans rente à payer, et l'utilisation d'une chute d'eau, par un industriel, comme une rente différentielle donnée par la localisation. 

Cependant Marx a pressenti la logique de la destruction de l'environnement par le mode de production Capitaliste (liberté donné a tout individu). Cette logique a été démontrée récemment par l'indépendance des facteurs économiques dans le calcul de l'optimisation d'un procédé industriel. En effet le procédé le plus rentable d'un point de vue capitaliste, qui ne prend pas en compte la rente de la nature ni les coûts sociaux, est toujours un procédé de consommation intensive d'énergie et ne dépend que de deux facteurs: des lois de la thermodynamique et de la technologie utilisée, presque sans influence des facteurs économiques, donc du prix de l'énergie. Il ne sert donc à rien de vouloir, par des plans économiques et par le contrôle du prix de l'énergie, développer une structure industrielle compétitive ou moderne. Il ne sert à rien également de valoriser "économiquement" seulement la rente de la nature. 
 

LE MYTHE DE L'INDUSTRIALISATION BASEE SUR UNE ENERGIE A BAS PRIX 

Les procédés industriels se composent d'équipements qui produisent de l'énergie "producteurs" (moteurs, transformateurs, etc...) et d'équipements qui consomment de l'énergie "consommateurs" (canalisations, isolation thermique, frottements dans les déplacements). Les coûts de ces équipements dépendent de leur taille, c'est-à-dire de l'énergie produite ou consommée et de leur puissance. Toute technologie a un exposant de la puissance énergétique caractéristique qui définit le prix de l'équipement ou de l'installation, à un coefficient près. Cette technologie ne dépend que du mode de fabrication, de l'échelle, et des procédés utilisés. Il a été démontré, que les investissements qui optimisent la rentabilité du procédé sont toujours favorables à une solution avec grande consommation énergétique et que l'optimum est indépendant des conditions économiques, comme l'inflation, les taux d'intérêt, le prix de l'énergie parce que ces conditions varient de la même façon pour les équipements "producteurs" et "consommateurs" produits de la même matrice technologique ayant les mêmes exposants de la puissance énergétique pour le calcul de leurs prix. 

De même si nous considérons le principe de Carnot: le rendement d'un cycle thermodynamique ne dépend pas de facteurs économiques mais exclusivement des températures minimum et maximum du cycle. L'économie n'a rien à voir, et quel que soit l'économiste du gouvernement, il ne pourra pas modifier par une loi ou un décret les résultats du moteur dérivés des lois de la thermodynamique. Une nouvelle technologie, des matériels nouveaux utilisés pourront modifier le rendement pratique en admettant des températures différentes. 

Les coûts opérationnels intégrent, entre autres, les coûts de l'énergie. Les coûts financiers sur les biens et les services sont ajoutés aux coûts d'investissement. 

C'est alors qu'apparaît le dilemme du propriétaire du puits de pétrole: le taux d'intérêt des banques sera-t-il plus élevé, ou non, que l'augmentation naturelle du prix de l'énergie? Ce dilemme a été étudié par H. Hotelling et malgré certaines réserves il reste toujours actuel. La seule critique à faire est que H. Hotelling na vu que le taux dintérêt des banques comme variable, alors que lintérêt nest que lécorce de larbre de la technologie. 

Historiquement - parce que le monde est contrôlé par les phénomènes parasites de la monnaie - l'actualisation du prix de l'énergie a été toujours inférieure aux taux de croissance des prix industriels. La valorisation relative des biens et des services - en particulier dans les pays industrialisés (par le jeu des taux d'intérêts) - est toujours supérieure à l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières qui sont intégrées aux produits fabriqués. Les pays exportateurs de matières premières et importateurs de produits industrialisés sont devenus ainsi le Tiers Monde. 

Durant les dernières décennies l'accroissement réel des prix de l'énergie a été de l'ordre de 2,3% par an, quand les coûts des biens et des services ont augmenté en moyenne de 11% par an. 

En 1950, un ouvrier européen devait travailler 8 heures pour payer un baril de pétrole, en 1981, 6 heures. Les importations totales de pétrole de l'Europe représentaient 11 jours de travail en 1976 et, en 1981, les mêmes importations représentaient 9 jours. 

Mais, au-delà de cette course perdue d'avance entre énergie et produits industrialisés, il apparaît un autre phénomène: l'évolution technologique. 

Pour une même puissance énergétique consommée, un équipement complexe de technologie avancée coûte toujours plus en équivalent économique de l'énergie: une lampe coûte 150 heures d'énergie consommée, un moteur électrique 3.000 heures et un appareil de télévision coûte 70.000 heures. 

C'est pourquoi la structure d'un système industriel optimisé ne dépend pas des facteurs économiques, mais seulement des coefficients déterminés par la nature de la technologie et par les exposants de la puissance énergétique. Cette structure est le résultat d'une politique technologique liée à une éducation et une formation des personnes: c'est une donnée technologique indépendante de la Politique et des facteurs économiques: toute optimisation économique avec les critères du système capitaliste ou socialiste provoque une même consommation intensive d'énergie. Cela explique pourquoi toutes les statistiques enregistrées sur la consommation énergétique spécifique des Etats-Unis, Canada et des pays de l'Est ont des valeurs équivalentes, bien que les pays appartiennent aux blocs capitaliste et socialiste. 

La crise actuelle du monde industriel, dite de réorganisation ou de restructuration des entreprises, est simplement un mouvement d'adaptation a une optimisation nouvelle alors que la grande vague de création d'entreprises basée sur des préjugés faux, des chocs du prix du pétrole par exemple, s'est défaite sur le brise-lame de la spéculation financière. 

Les grands programmes nucléaires, hydroélectriques, de rationalisation énergétique, de financement de développement industriel sont revus à la lumière des résultats réels: chômage, déficit, dettes impayables, récession, immigration incontrôlable, retraites anticipées, etc... 

Des solutions industrielles différentes de celles correspondant à des optimisations de rentabilité des capitaux pourraient réduire de 50% la consommation énergétique pour un système thermique et de 80% pour un système de canalisation. Il faudrait admettre d'investir un peu plus et se contenter d'une rentabilité économique un peu inférieure à celle du système industriel optimisé. 

Tout cela démontre la démagogie sans scrupule des représentants de gouvernements des pays industrialisés et de la Banque Mondiale quand ils participent à des conférences, séminaires, congrès sur la conservation de l'énergie, sur la réduction des impacts sur l'environnement, sans proposer un changement fondamental du calcul orthodoxe de la rentabilité économique, sans défendre les mesures de déflation, sans accepter la réduction des taux d'intérêt et sans vouloir intégrer les coûts sociaux et écologiques. Quand on recherche la réduction des coûts du capital pour augmenter la rentabilité économique il devient évident que la meilleure solution est d'installer des industries d'énergie intensive. C'est pour cela que le Japon et les pays industrialisés préférent "exporter" les industries de grandes consommation spécifique énergétique. Il est plus intéressant d'importer l'énergie et les produits semi-finis et d'exporter les produits manufacturés de haute technologie; (c'est la base de l'appropriation des biens de la nature) en prêtant evidemment à l'étranger des fonds nationaux à très hauts taux d'intérêts. 

C'est pourtant ainsi que les très brillants économistes brésiliens formés dans les plus grandes universités américaines n'ont pas encore compris que le prix subventionné de l'énergie au Brésil n'a aucun effet bénéfique sur le modèle industriel productif mais au contraire provoque un énorme déséquilibre dans les comptes de la nation. 

L'absurdité économique motivée par un mythe nationaliste technobureaucratique brésilien a consisté à monter un système de production de base hydroélectrique et nucléaire de capital intensif et de subventionner l'énergie par des tarifs réduits! Le système économique externe gagne plusieurs fois: la dette croit par le déficit du trésor brésilien et la capitalisation des intérêts, le payement des intérêts à des taux réels fantastiques, l'exportation de produits semi-finis intégrant une énergie "donnée", la dévalorisation permanente de la monnaie brésilienne et les conditions de change toujours plus attrayantes. 

Par contre, la rationalisation de l'utilisation de l'énergie nécessite, c'est évident, une réduction des taux d'intérêts pour permettre des investissements industriels et une augmentation progressive des tarifs d'énergie, même importée à faible coût, avec une imposition permettant de supporter les investissements sociaux. Ces deux mesures sont à la base des économies japonaise et allemande. 

De la même manière une politique extérieure intelligente devrait réduire les dépenses d'importation d'énergies en monnaie forte, sans pour cela importer des produits industriels de consommation intensive d'énergie ou vendus avec des crédits fournisseurs: cest-à-dire: 

1- subventionner les prêts pour des programmes de construction d'usines pour la fabrication   
    nationale de produits industriels; 

2- ne plus accepter des taux flottants d'intérêt sur les opérations liées aux importations     d'équipements; 

3- importer l'énergie et la taxer fortement pour éviter l'importation parallèle de procédés     industriels de grande consommation énergétique; 

4- promouvoir les opérations de compensation des importations: échange, barter-trade,     switch, pour éviter l'usage de moyens de payement non nationaux. 

 

Le système capitaliste, avec son objectif d'optimiser les procédés pour créer une "plus-value" maximum a eu comme conséquence indirecte une consommation élevée d'énergie parce que les structures industrielles les plus rentables sont des structures de consommation intensive d'énergie. D'un autre côté la participation toujours plus faible du coût de l'énergie dans la formation des prix des produits industrialisés favorise une décision de risque réduit de capital au détriment du coût énergétique qui n'est qu'une charge opérationnelle liée à la production. 

Les économies planifiées se développèrent en utilisant la même voie de politique énergétique que celles du capitalisme classique, cest-à-dire de l'auto-suffisance et de l'électrification - réduction des prix des énergies - même si la valorisation des investissements ne se faisait pas sur la même idéologie. 

L'existence de réserves énergétiques et de matières premières dans le Tiers Monde a justifié la course à la domination des pays sous développés et l'internationalisation de la lutte de classes par le jeu des impérialismes capitaliste et socialiste. Le potentiel hydroélectrique du Tiers Monde est une des sources énergétiques renouvelables les plus importantes de la terre, mais ce sont aussi des projets de capital intensif donc dépendant des flux financiers internationaux et surtout de la spéculation. 

La politique énergétique induite dans les pays néo-colonisés est de développer le secteur industriel par l'utilisation des énergies renouvelables et par l'application de tarif subventionné ou pour le moins sans impôt. Cette stratégie est nuisible pour les pays en voie d'industrialisation parce que les résultats obtenus sont à l'opposé des rêves décrits. Si dans les pays industrialisés le coût de l'énergie a déjà une part faible dans les prix des produits industriels à l'exception de certaines industries survivantes de consommation spécifique énergétique élevée - comme l'aluminium - dans les pays en développement ce ne sera pas la subvention de l'énergie qui pourrait provoquer une baisse des prix. La déficience en infrastructures et en communications sûres est la raison des coûts plus élevées de l'industrialisation en pays du Tiers Monde. L'unique politique est d'accélérer le plus possible les programmes d'infrastructures et d'équipements sociaux par une imposition suffisante de l'énergie consommée; c'est justement l'inverse qui a été fait, par la totalité des pays du Tiers Monde! Même après avoir obtenu l'indépendance politique, ces pays se retrouvent dépendant totalement des deux blocs: le bloc capitaliste qui consomme 80% de l'énergie produite au monde, et le bloc socialiste qui détient une partie importante des réserves d'énergies fossiles et qui pratiquent des prix bas. 

Les techno-structures gouvernementales des économistes formés dans les académies des deux partenaires de la guerre froide sont évidemment bien entraînées et "modelées" pour rendre impossible tout programme politique de valorisation de l'énergie dans les pays en voie d'industrialisation. Le développement des infrastructures et des équipements sociaux est bloqué et même totalement condamné parce que les monopoles d'Etat qui contrôlent ces structures n'ont pas les moyens de recourir au marché financier extérieur. 

Les pays industrialisés - capitalistes et socialistes - ont été également touchés par la même idéologie de réduction du prix de l'énergie. Si ce n'est par l'appropriation des réserves externes, cela s'est traduit par la tentative de l'utilisation de l'énergie nucléaire! Tous les incidents, tous les accidents, tous les problèmes des déchets contaminés sont présents pour rappeler que cela ne sert à rien de vouloir réduire le prix de l'énergie. Le nouveau Président des Etats Unis, Clinton, veut taxer l'énergie (carbon tax) pour des questions de pollution de l'environnement. Il serait plus intelligent de prélever un impôt pour financer des programmes de protection globale de l'environnement. 

La multiplication des séminaires et des congrès sur les questions énergétiques mondiales et particulièrement sur l'énergie et l'environnement commence à montrer qu'enfin on découvre les liaisons entre le coût de l'énergie, la pollution provoquée par l'excès de consommation, et la stabilité politique mondiale. 
  

L'AUTO-SUFFISANCE EST LA STRATEGIE  SUGGEREE POUR REDUIRE LE MONOPOLE DE L'ETAT 

Au Brésil, après une politique énergétique d'auto-suffisance nationale, de rationnement de l'offre d'énergies fossiles pas chères, on commence à avoir une préoccupation sur l'offre future puisque toutes les compagnies nationales de production ont épuisé les ressources financières de l'Etat. Cependant on ne questionne pas encore le modèle de développement, ni les paradigmes fascistes, nationalistes et colonialistes qui se sont accumulés pour la formulation de la politique énergétique. Le monopole de l'Union des Etats du Brésil a été organisé, comme dans presque tous les pays importateurs, surtout industrialisés, comme un instrument constitutionnel pour garantir l'approvisionnement du pays en pétrole et gaz naturel, énergies pas chères et indispensables au développement et éviter un embargo ou boycottage comme ceux déjà expérimentés par le Mexique, Vénézuela, Iran, Irak, Espagne, Italie, France, Cuba et les autres. 

Mais en 1964 (coup d'Etat militaire) puis en 1973 (première augmentation du prix du pétrole) le Brésil a été contaminé par la stratégie de l'auto boycottage: la forme pratiquée de l'auto-suffisance énergétique. Il n'est plus besoin de craindre un embargo puisque prenant les devants le Brésil s'est imposé tout seul le boycottage volontaire! Le syndrome de l'immuno-déficience acquise, le SIDA ou l'auto-suffisance énergétique a été la politique défendue par les secteurs les plus patriotiques du pays et qui a eu pour conséquence la destruction de l'objet du monopole de l'Union. La demande croissante de pétrole et de gaz naturel a été bloquée par restriction de l'offre au niveau de 1.100.000 barils par jour de 1973 à 1993 et la vague étatisante de l'électrification à outrance, dans le même style que Electricité de France, mais avec plus de passion, a inondé tous les bassins disponibles dans un rayon de 2.000 km de centre São Paulo. Evidemment cela s'est fait avec de l'épargne étrangère à des taux flottants pour produire une énergie 10 ans après le début des travaux de construction, vendable que si elle est subventionnée. Dans le cas contraire toutes les industries auraient préféré acheter le fuel lourd ou le gaz naturel, et ce serait tout simplement le retour à l'application du monopole de l'Union. 

Au lieu d'importer du pétrole et du gaz naturel comme tous les pays du monde, pour les brûler et exporter des produits intégrant du travail, des matières premières et de la technologie, le Brésil a préféré importer des dollars pour construire des barrages, pour exporter ensuite les intérêts et des matières premières grâce à une inflation, une réduction des salaires, un prix extrêmement bas de l'énergie et une misère endémique. 

Le Brésil est l'unique pays du monde qui a eu la folie en 10 ans de construire les plus grands barrages du monde, d'adapter la moitié de son parc d'automobiles pour le faire rouler à l'alcool de canne à sucre, de produire des forêts nouvelles pour exporter aux Etats Unis une fonte très pure faite avec le charbon de bois! Dans le même temps le Brésil a dénoncé tous ses contrats d'achats de pétrole supplémentaire et de gaz naturel pour maintenir par un parfait boycottage une consommation de 1.100.000 barils par jour. Après tout cela il y a encore de grands économistes qui se questionnent sur les raisons de l'inflation, des dettes interne et externe du Brésil, et du niveau de misère atteint par les populations du Nordeste! 

De l'autre côté du Monde un brésilien avait découvert la voie. Dans la "Lettre de Singapour" du mois de Février 1991, éditée par l'Institut de Recherche sur les relations internationales, l'Ambassadeur Amaury Porto de Oliveira a écrit "que la lutte pour trouver des solutions effectivement globales et justes pour le binôme Environnement - développement, avec le passage obligatoire par la transformation révolutionnaire de la matrice énergétique du monde, sera très pénible et exigera avant tout une mobilisation coordonnée et la conscientisation des intéressés: les pays en développement". 
 

"LE  GAZ NATUREL, UNE ENERGIE CIVILIZANTE?" 

Le même ambassadeur avait déjà écrit un livre avec un titre révélateur: "Le Gaz Naturel, une Energie Civilisante?" C'est un motif suffisant pour questionner les anciens ministres des Mines et de l'Energie pour savoir pourquoi la participation du gaz naturel au Brésil a été nulle jusqu'en 1988 et pourquoi le Brésil s'est interdit d'en importer durant la période de 1964 jusqu'á 1988, pendant tous les gouvernements militaires? Et ce n'était pas les opportunités qui manquaient": l'Algérie, avec échange total de 100% avec des produits et des services, le Chili, l'Argentine, la Bolivie, etc... La thèse de l'auto-suffisance n'est pas l'explication quand tout le monde sait parfaitement que São Paulo avait encore en 1991 une ceinture de gazoducs, construite en 1973, alimentée péniblement par Rio de 1 million de m³ par jour quand sa capacité potentielle est de 16 millions de m³ par jour. Pourquoi dans ce cas maintenir la consommation totale de 1.100.000 barils par jour en important un complément de pétrole, de GPL, de charbon, etc... 

La situation au Brésil, résultat de politiques externes et internes totalement incompatibles avec les nécessités de l'évolution des nations, montre clairement aujourd'hui que nous devons considérer la nature, même si celle-ci reste muette. 

Il est impossible d'imaginer ce que serait le monde si tous les empereurs n'avaient pas eu conscience de la mort. Même avec l'expérience de la vieillesse, des maladies, l'homme qui décide, qui dirige, ne s'arrête pas d'accumuler, pour quoi faire? Les pyramides sont des exemples d'une accumulation pour la construction d'un mausolée. Elles ont provoqué la destruction des forêts voisines du Liban pour rouler les pierres sur les troncs. Une belle carte postale: des pyramides au milieu du désert! Toutes les civilisations anciennes se sont éteintes de la même façon: un excès d'appropriation de la rente de la nature sans domination de l'irréversibilité des processus. 

Pour n'importe quel observateur des problèmes de l'environnement et de l'énergie, la question fondamentale qui doit être posée et qui doit recevoir une réponse réaliste est comment déterminer la rente de la nature, actuellement appropriée par les systèmes économiques dominants, ou quel est le prix juste à payer et qui recevra la rente récupérée. Les questions qui resteront sans réponse pendant longtemps sont celles relatives aux préjudices sociaux causés par les taux d'intérêts exagérés, et par les non transferts de technologies. 

  

  

4 - LA TRIADE