EPILOGUE

  

La planète Terre a une unique caractéristique différente des autres planètes de l'univers connues aujourd'hui: elle supporte la vie. Toutes les planètes sont égales mais une seule est porteuse de vie. Il peut en exister d'autres avec un autre mode de vie, mais aujourd'hui nous savons avec nos sens que seule la Terre est habitée par des organismes vivants. On n'a pas encore rencontré une délégation d'extraterrestres visitant la Terre. Les apparitions de saints sont des manifestations de la foi et strictement limitées à des voyants, des lieux et des moments. Quand on découvrira une autre planète habitée ou avec des manifestations de vie ou "pseudovie" on aura probablement une toute autre vision des valeurs qui dominent notre esprit. 

La vie est un équilibre entre l'offre et la demande. Sans équilibre il résulte une violence par excès d'offre ou manque de demande ou manque d'offre et excès de demande. Certains appelent le déséquilibre entre offre et demande, une crise. La demande tend à "capitaliser". L'offre est le fruit du "travail"; la vie est la symbiose synergique de l'offre et de la demande et le résultat est la conscience de l'environnement ou l'Ecosensus. Synergique parce que ce n'est pas une addition, ni une association, c'est une opération qui produit un "plus": la Vie, élément positif de l'évolution et du développement. 

Ainsi les organismes vivants, l'homme étant au centre, ont la faculté de travailler pour offrir et la volonté de demander, c’est-à-dire de donner et de prendre. 

Quand l’homme travaille, il accumule un savoir qui est le début du capital. Le patrimoine culturel l’incite ensuite à rechercher une satisfaction individuelle et à demander. 

Les deux tendances sont intégrées dans nos cellules à tous les niveaux et l'échange synergique interne ou externe, est la vie. Le lieu de l'échange des productions matérielles a pu atteindre la dimension d'un temple - où les productions sont sacrifiées, c’est-à-dire valorisées par un caractère sacré lié à un dieu - d'un marché, où l'impôt porte la marque du prince, d'un port ou "duty-free market", terrestre ou maritime où le taux d’intérêts sur la circulation de la monnaie représente le contrôle. La pensée manichéiste, déjà anticipée par la catastrophe de la dichotomie masculin/féminin - représentée par le péché originel pour certains - a spécialisé l'homme pour la demande et la femme pour l'offre tentant, dans le concept de l'amour, de conserver l'équilibre de la vie dans le cadre de la nature. Mais cette division par la caractérisation externe des sexes est porteuse de crise. Certaines civilisations la contournent par la sacralisation du mariage c'est-à-dire un modus vivendi entre l'homme et la femme au nom de l'amour. A cause du principe même de la Vie, la nature n'admet ni spécialisation, ni les sauts brusques de l'évolution. L'homme et la femme sont obligés de se développer "naturellement" des deux côtés utilisant les deux hémisphères du cerveau, offre et demande, féminin et masculin. L'évolution provoquera toujours des problèmes pour les couples trop spécialisés (macho et féministe) et favorisera le progrès des deux sexes dans les deux caractères. 

Quand il y a excès de demande, la misère, la pauvreté, la maladie croissent et on doit provoquer une production supplémentaire d'offre: c'est le fondement des religions qui sacralisent les offres en présence d'un Dieu, imaginé présent, pour inhiber l'excès de demande. 

C'est aussi les activités de groupes d'hommes et de femmes capables de se donner sans salaire ni rémunération simplement pour répondre à l'appel inné de la vie: offre. 

Cet appel inné à s'offrir est certainement la force définie par le Président 91-92 du Rotary International Rajendra K. Saboo dans son message à l'assemblée internationale "chacun de nous a un peu de Louis Pasteur, Florence Nightingale et Mère Thérèse en soi. Mais, nous devons en premier nous rendre compte de cela par une recherche intérieure, et sentir la force puissante qui élève l'esprit humain à des niveaux chaque fois plus hauts ... Cette force intérieure valorise encore plus notre vie et donne origine à des actions qui vont au delà de simples activités ...". 
 

UN EXEMPLE: LE ROTARY INTERNATIONAL 

Le Rotary International est peut-être la meilleure représentation de cet appel sensitif et inné. 

Un groupe d'hommes et de femmes, de toutes races, religions et visions politiques, ont uniquement une préoccupation de "donner de soi avant de penser à soi". Le meilleur moyen de transformer deux hommes en amis est de les faire travailler ensemble pour aider un troisième. Les activités sont contrôlées par quatre questions - comme la fameuse preuve par 9 - qui sont à la base de l'appréciation des objectifs du Rotary, au contraire de la règle manichéiste du bien et du mal! 

La première preuve est le contrôle de la qualité de l'information: est-ce conforme à la vérité? 

La seconde est la vérification de l'équilibre: est-ce loyal de part et d'autre? 

La troisième est l'appréciation du sens: est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté réciproque et de créer de meilleures relations? 

La dernière est l'assurance de l'universalisme: est-ce profitable à tous les intéressés? 

L'insigne que portent les rotariens est une roue dentée, un engrenage, qui symbolise la transmission des forces de la clavette à la dent d'engrenage vers les autres roues dentées. C'est aussi le symbole de la participation au pouvoir en ronde ou par rotation circulaire et sans pyramide de la hiérarchie, système de l'information, oui ou non, bien ou mal, mandant et dépendant! Le Rotary International est dirigé par un président et un conseil central de 18 administrateurs pour une année. Un conseil de législation se réunit tous les trois ans pour actualiser le Manuel de Procédure: livre des règles internes ou la Constitution de l’organisation. Il n'y a pas besoin de fausse démocratie représentative, ni de vénération à vie; l'organisation n'a pas de pouvoir exécutif, ni de hiérarchie; elle présente une stabilité parfaite et la transmission des pouvoirs chaque année est faite entre des personnes appelées et désignées avec plus d’un an d’avance, ce qui permet une préparation à l'exercice d'une fonction. La désignation de tous les présidents et gouverneurs est faite par vote de participation suivant une sélection pragmatique interne. Aristote avait aussi proposé cette forme pour la formation d'un gouvernement avec la constitution d'une "politheia". 
 

LE SENS ET L'INTENSITE DE L'INFORMATION 

La recherche de l’équilibre précise le sens, c’est-à-dire, la faculté d'apprécier le sens d'un phénomène, en plus ou en moins (fléau de la balance). Elle a aussi besoin de l'intensité du déséquilibre pour pouvoir doser la quantité de l'échange correctif. C'est pour cela que nous sommes pourvus de différents sens, avec en plus les facultés de l'intelligence, de l'intuition et de la pensée, pour traiter les informations perçues. 

Le manichéisme du bien et du mal, de la gauche et de la droite, de l'homme et de la femme, du Capital et du Travail, n'a pas facilité la conquête de l'équilibre. On a été hynoptisé par le "moi" et les "autres". On a cependant toujours besoin de considérer le sens et non l'état. Je me souviens d'un jésuite français qui voulant illustrer le péché et l'état de grâce divisait un tableau en deux par un trait de craie et dessinait une ligne sinueuse continue sur le tableau des deux côtés. Tous les segments parcourus en direction de Dieu sont les états de grâce, tous les autres en direction opposée sont états de péché et ce n'étaient pas ceux de gauche ou de droite qui représentaient le bien ou le mal, l'état de grâce ou le péché. De même l'humanité a connu le capitalisme et le socialisme, comme le premier monde et le deuxième monde et le bien et le mal dans chacun des deux côtés. Quand l'excès de demande des deux côtés a été aigu, les deux mondes ont découvert le Tiers Monde, pays de la nature exploitée, sous-développés, peu capitalisés. 

La valorisation de la nature a été provoquée soit par les catastrophes écologiques, les guerres, Chernobyl, le pétrole de l'Alaska, soit par la vente du gaz de Sibérie à l'Europe ou le réajustement des prix du pétrole, soit par la découverte des relations entre la vie des différents organismes végétaux ou animaux de la nature. Cette valorisation ne se fera pas par la science froide - écologie - mais par le contrôle, la protection et la culture des relations intimes entre l'habitat et les organismes vivants possédant des sens - l'Ecosensus. 
  

BRESILIENS, MISSIONNAIRES DE L'ECOSENSUS 

Les brésiliens, par leur histoire, le pays et la composition de races, sont des missionnaires de cette culture de la vie et de la paix et sont membres d'une civilisation qui annonce l'intégration possible du Capital-Travail-Ecosensus. Très loin des rhétoriques des économistes, des démonstrations philosophiques et de l'égalité cmmuniste, les brésiliens intègrent déjà les capacités de développement en triade. Historiquement la conférence de Rio en 1992 a été le début d'un nouvel ordre mondial, par la définition d'orientations pour le développement de l'humanité: 
 

- nouvelles directions pour les capacités militaires et la réduction des objectifs des armements; 

- révision des concepts démocratiques pour augmenter la participation de tous avec éthique et   
  justice; 

- discussion de prélèvement de fonds pour financer des programmes de développement, de  
   protection de l’environnement et de lutte contre la misère;

                    - réorganisation politique avec participation des ONG. 

  

Comme si le Brésil avait compris le nouvel ordre, le Président élu, Fernando Collor a été déchu pour raison apparente de corruption mais en fait c'est le pouvoir exécutif qui a été mis en cause. La meilleure preuve en est que ce sont les trois pouvoirs réels qui ont transmis le pouvoir au vice-président Itamar Franco: le Judiciaire qui a contrôlé la cassation, la Chambre des Députés qui a autorisé le jugement, et le Sénat qui a jugé. Le nouveau gouvernement est nécessairement sans pouvoir exécutif et totalement soumis aux trois pouvoirs réaffirmés. 

De plus un plébiscite a mis en question le pouvoir exécutif - pour la première fois un pays a pratiqué cet acte. Jamais dans l'histoire un pays en paix n’a voté pour décider de la forme et du type du gouvernement: monarchie, présidentialisme ou parlementarisme. Aucune option n'a triomphé. En fait la majorité des votes a été pour le statu-quo: présidentialisme avec une réduction du pouvoir "exécutif". Tous les ministres ont été proposés et désignés par les parlementaires et les sénateurs. 

Aussi on peut constater que le Brésil est très avancé grâce à: 

  

- un mélange de races qui, au delà de la réduction des conflits et des avantages de la paix, apporte surtout les caractères associés de la volonté, des intelligences logique et intuitive et de la sensibilité: c’est-à-dire l'intégration du Yin et du Yang, ou la civilisation afro-européenne idéalisée par les penseurs de la négritude; 

- une richesse naturelle qui peut être valorisée; mines, énergie, 67% de la surface du Brésil sont couverts par des forêts. 9% à peine sont cultivés; 

- une Constitution qui pourra être révisée sans complexe manichéiste du bien ou du mal, après avoir expérimenté l'équilibre des trois pouvoirs réels sans exécutif; 

- des confédérations d'organismes professionnels intégrées aux potentiels nationaux et associées à des forces transnationales; 

- une langue unique, sans aucun dialecte avec grande facilité de communication avec tous les pays; 

- un "esprit" pour comprendre les animaux, les végétaux, la mer et les rivières. 

 Enfin un rythme qui donne le "tempo" à la vie heureuse. "O Samba é Amor"est un refrain de la chanson d’un groupe qui défile au carnaval de Rio de Janeiro. 

 

 
 
 
 

  BASES DE L'ECOSENSUS